Paul GANNAT

Paul  GANNAT.  Alias « Georges »  (1922-2013).

Carte Georges G.« Georges » est né à Chappes, sur la terre de Limagne, en mars 1922. Il était le second d’une nombreuse fratrie (7 enfants). Après ses études élémentaires, il devait à ses qualités intellectuelles d’intégrer l’E.N.P. de Thiers où il connut Paul ROCHE, le futur commandant « André », fondateur du maquis de Chazelette puis du camp Nestor-Perret et bientôt chef civil de la Zone 13. L’amitié entre les deux hommes ne se démentira jamais. D’octobre 1935 à juillet 1939, Georges poursuit ses études à Thiers. Face à sa réussite et parce que sa famille n’a pas les moyens financiers de l’inscrire à l’Ecole des Arts et Métiers d’Aix-en-Provence, ses maîtres et son directeur M. Jumentier lui proposent une formation par alternance, à l’usine d’aviation Potez, dans la Somme, pour devenir technicien supérieur. A la débâcle, il se replie sur Evreux puis rejoint l’Auvergne avec un emploi à Saint-Etienne. Et c’est au printemps 1943 qu’il tombe sous le coup de la loi scélérate (signée Laval) du Service du Travail Obligatoire (S.T.O.). Il reçoit mission de rejoindre, en Allemagne, une usine d’armement (fabrication de moteurs d’avions). Il se replie sur sa Limagne natale et entre en contact avec les réseaux de la Résistance. En juin 1943, Paul GANNAT a rendez-vous avec le professeur Cousseran qui lui donne les indications nécessaires pour gagner un maquis. Il est recueilli par l’agent de liaison François-Charles MAESTRACCI à la gare de Saint-Gervais le 29 juin 1943, lequel le conduit au maquis de Chazelette, le soir même, au moulin des Gannes. L’intégration auprès des villageois est trop parfaite et surtout trop voyante. Le maquis est dénoncé par les collaborateurs locaux. Fort heureusement, un inspecteur de la police judiciaire du gouvernement de Vichy natif de Saint-Gervais, en poste à Clermont-Ferrand, indique à Paul ROCHE qu’une opération de police était imminente contre le maquis de Chazelette.  « Georges » et les siens déménagent dans la nuit du 9 au 10 août 1943.Le maquis et ses 22 hommes est sauvé. Les miliciens et G.M.R. de Pétain trouvent la place vide le lendemain.

« André », « Rémi » et « Jules » dirigés par Marcel DURON alias « Tourterelle » décident d’implanter un nouveau maquis, dans les Grands Bois, à Saint-Julien-la-Geneste, le 27 août 1943. Georges y arrive un des premiers avec « France » (BOUDAULT) le 3 septembre 1943. Viendront ensuite « Jean-Marie » (BAILLARD), « Laurent » et « Philippe » (NOUDELBERG). Une hutte, faite de branchages constitue le 1er abri. Puis le camp se construira et s’organisera. Une soixantaine de Résistants ont vécu ou ont transité par le maquis de Chazelette et le camp Nestor-Perret.

GeorgeRet1Cependant, « Georges » est rappelé par Paul ROCHE, à Chazelette, le 12 octobre 1943. Il devient agent de liaison dans le canton de Saint-Gervais, puis début novembre dans le sous-arrondissement qui comprenait, outre Saint-Gervais, les cantons de Pionsat, Montaigut et Menat. Le plus souvent « Georges » vivait dans une cache, creusée au bord d’un grand talus situé en amont du village de Chazelette et qui lui permettait de contrôler le chemin qui conduisait au hameau. Le 29 mars 1944, suite à l’organisation de la trentaine de commandement, « Georges » retrouve ses camarades au camp Nestor-Perret.

Le 16 avril 1944, le camp apprend son futur départ avant la fin du mois. Il doit avoir lieu le 25 avril mais les contretemps se multiplient. Après bien des péripéties, il devient effectif le 15 mai 1944. « Georges » et « Nenesse » sont désignés pour encadrer un groupe de jeunes volontaires qui veulent participer aux combats de la Libération. Ils partent pour le Cantal et le Mont Mouchet le 17 mai 1944 après avoir déposé une gerbe au monument aux morts de Saint-Julien la-Geneste. Et c’est ainsi que « Georges » et ses camarades s’engagèrent, en juin 1944, dans les combats du Mont Mouchet et de la Truyère.

Après la libération, Paul GANNAT effectua, comme technicien, sa vie professionnelle dans la région parisienne. En 1971, il acheta une propriété, dans la Nièvre, où il se retira avec sa famille, après sa retraite.

Mais dès la fin de la guerre, il effectua, chaque année, au moment de l’été, un retour aux sources où il avait connu son engagement résistant. Le hameau de Chazelette était son point de ralliement pour retrouver ses camarades de combat, les habitants locaux qui avaient aidé les maquisards et la Résistance. Sa fidélité fut exemplaire. Elle accompagnait la force d’un homme calme et doux mais pétri de convictions humaines. A chaque journée du souvenir, il était présent, discret mais tellement important. C’est en 2002 qu’il délivra, à Chazelette, son message reconnaissant le plus fort et qui reste gravé dans les mémoires : « Je me sens redevable, envers les habitants du secteur, d’une dette dont je ne pourrai jamais me libérer ». Puis, diminué physiquement, c’est son épouse qui le conduisait alors chaque année vers les terres des Combrailles où il continuait à témoigner et à donner un sens au devoir de mémoire. Et ceci jusqu’en 2008. Sa participation au montage audiovisuel du musée constitue un témoignage fondamental de l’histoire de la Résistance dans les Combrailles.